Une nouvelle forme de corruption ? Cambridge Analytics!

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Nous le savons, la corruption épouse plusieurs formes. En fait la définition de la corruption selon la clause 3.1 de la norme ISO 37001, couvre déjà un large spectre de formes de corruption.

On défini la corruption en ces termes :« offre, promesse, don, acceptation ou sollicitation d’un avantage indu de toute valeur (financière ou non financière), directement ou indirectement, indépendamment du ou des lieux, en violation des lois applicables, pour inciter ou récompenser une personne à agir ou à ne pas agir dans le cadre de ses fonctions. »

L’actualité de la dernière semaine, relativement à ce qui est convenu d’appeler « l’affaire Cambridge Analytica » laisse entrevoir une forme encore plus insidieuse de la corruption, soit celle du système électoral de plusieurs pays, dont évidemment les États-Unis, mais aussi l’Italie, l’Ukraine, la République tchèque, le Mexique, la Colombie, le Brésil et plusieurs autres.

La corruption dans les élections n’est pas un phénomène nouveau. La Commission Charbonneau a levé le voile sur plusieurs cas où des entreprises offraient à des candidats des élections « clé en main ».

Tenter d’influencer l’opinion publique par des messages et des résultats de recherches ou de sondages n’est pas très novateur non plus, ça s’appelle le « marketing »

L’affaire Cambridge Analytica va bien au-delà de tout cela. L’utilisation d’informations personnelles pour développer des stratégies, souvent basées sur de fausses nouvelles, visant à influencer les perceptions des citoyens de manière, à la fois ciblé et massif est un phénomène qui n’est possible que depuis l’infiltration des réseaux sociaux dans nos vies.

Le peu de retenue des abonnés aux réseaux sociaux par la nature et fréquence de leurs partages, souvent inutiles ou carrément stupides, fournit une masse d’informations personnelles incroyable à qui sait comment les cueillir et les utiliser contre leurs auteurs.

Dans le cadre de notre travail de conseillers en sûreté corporative, enquêtes et conformité, nous suggérons à nos clients une règle simple et efficace pour déterminer s’ils devraient partager une information personnelle sur un réseau social. Posez-vous la question suivante : « Est-ce que je serais à l’aise d’entendre ou de voir mon commentaire aux nouvelles à la radio ou à la télévision. »

Ça peut sembler un peu extrême comme règle, mais les résultats sont excellents. Sachez que les grands médias sont tous branchés sur les réseaux sociaux, lesquels représentent aussi pour les journalistes une mine d’information, souvent livrée sans filtre.

Aujourd’hui, si la corruption de nos processus démocratiques est de plus en plus facile, nous devons nous regarder dans le miroir. Oui, il y a bien des gens qui ont des intentions malsaines ou criminelles, mais ce phénomène n’est pas nouveau. Il est là depuis que l’homme est sur terre et ce n’est pas demain la veille que ça va changer.

Quitteriez-vous votre résidence, les portes ouvertes, pour que tout un chacun puisse venir fouiner dans vos affaires personnelles ou encore pires vous « emprunter » vos biens ?

Alors, expliquez-moi pourquoi vous livrez vos informations plus que personnelles sur les réseaux sociaux, sans filtre et avec naïveté.

On peut bien se plaindre de la corruption, mais il faudrait d’abord se discipliner !

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