Le Pacte d’intégrité : Un signal éthique majeur !

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En 2019, à l’inspiration du comédien/réalisateur Dominic Champagne, la communauté artistique québécoise fut le fer de lance d’un mouvement écologique qu’on a appelé « Le Pacte ». Cette initiative fut applaudie et endossée rapidement par des intervenants de tous les horizons et une promotion intense s’est organisée autour de l’adhésion au Pacte pour, non seulement faire pression sur les autorités pour des mesures environnementales efficaces et concrètes, mais également pour agir sur la conscience collective des Québécoises et des Québécois quant à la menace environnementale et climatique.

À ce jour, le Pacte a recueilli 785,757 signatures, mais au-delà de ce chiffre impressionnant, il faut retenir l’ancrage du changement climatique dans le discours des gouvernements, des entreprises et des individus, un objectif majeur de l’initiative.

Au moment où on s’apprête à relancer l’économie à coups de milliards, plusieurs spécialistes de l’anti-corruption s’inquiètent des risques liés à une attribution massive de contrats publics dans un contexte d’empressement et de vulnérabilité des gouvernements dans le cadre post-pandémique.

Des efforts majeurs ont été consentis dans les dernières années pour renforcer la capacité étatique de combattre la corruption et la collusion, la culture d’affaires qui favorisait ces phénomènes ne semble pas avoir connu de changements significatifs.

À l’image de la conscience environnementale communautaire plutôt léthargique pré-Pacte, la responsabilité éthique des entreprises est demeurée plutôt réactive et dictée principalement par les obligations règlementaires.

Comment contribuer au changement de paradigme dans certaines cultures d’affaires afin de réduire les menaces, atténuer les vulnérabilités du système d’attribution de contrats et les risques de corruption ?

L’exemple du Pacte environnemental nous apparait une piste intéressante pour donner une voix aux parties prenantes qui veulent affirmer leurs principes d’éthique et d’intégrité.

En Europe, un Pacte d’intégrité proposé par « Transparency International » a été adopté par 11 pays membres de l’Union européenne. Ces pactes réunissent en coalition des représentants des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et des citoyens aux fins de surveiller 18 contrats publics dont la valeur est estimée à 1 milliard d’Euros.

Cette transparence réduit le risque de corruption et de collusion et constitue un atout majeur pour les entreprises qui adhèrent au Pacte d’intégrité comme une marque distinctive.

L’élaboration et l’adhésion à un tel Pacte d’intégrité constituent des étapes importantes pour éviter de se retrouver dans le contexte pré-Commission Charbonneau. La population québécoise et ses représentants aux différents paliers gouvernementaux doivent retenir les leçons du passé surtout face à l’urgence et le caractère inédit des mesures que la sauvegarde de l’économie commande.

Peut-on espérer voir un jour des cartes professionnelles qui arborent le slogan « J’ai signé le Pacte d’intégrité » ?

Pourquoi pas ?

Pierre Brien et Serge Barbeau

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