L’éthique des hauts dirigeants, premier rempart contre la corruption

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L’affaire Mark Machin, le dirigeant de l’Office d’investissement du régime de pension du Canada qui est allé se faire vacciner à Dubaï, nous a inspiré une réflexion sur les dénominateurs communs entre les écarts en matière d’éthique professionnelle et les actes de corruption de certains dirigeants relevés depuis quelques années dans le monde des affaires.

Dans un article tiré de La Presse sous la plume d’Antoine Trussart, on peut lire :

« Les gens qui sont dans les classes sociales plus hautes et qui ont plus de pouvoir ont plus tendance à sentir qu’ils méritent un traitement privilégié et que leurs comportements peuvent se justifier parce qu’ils sont l’exception, explique Celia Chui, professeure adjointe au département de management de HEC Montréal et spécialiste de l’éthique des entreprises. 

Les privilégiés de ce monde sont habitués à pouvoir couper la file d’attente pour peu qu’ils en paient le prix, affirme-t-elle. La situation particulière de la pandémie a changé la façon dont sont perçus ces comportements. »

Ainsi, dans la mesure où une personne se situe elle-même dans une classe sociale plus élevée que la moyenne, elle peut être portée à sentir qu’elle mérite un « traitement privilégié ». L’ascension sociale procurerait donc un passeport éthique qui dédouane son porteur des règles imposées aux masses sous couvert d’une appartenance à l’élite, qu’elle soit financière, politique ou autre.

Ce type de comportement a été décrit par certaines études qui analysaient les valeurs sur lesquelles se construisaient des réseaux de corruption/collusion, notamment dans les domaines de la construction, de l’ingénierie et du financement politique.

Les personnes qui aspirent aux classes sociales plus élevées (et qui travaillent fort pour y parvenir) sont des cibles de choix pour les membres de réseaux qui tentent de les attirer à coups de petits et gros cadeaux qui visent à leur faire croire qu’ils ont rejoint un cercle fermé, réservé à une sorte d’élite qui ne s’embarrasse pas des règles qui s’appliquent aux autres.

Ces personnes adhèrent alors à un code différent qui leur apparait légitime grâce à toutes sortes de justifications comme : « Un chum, c’est un chum ! », « Les affaires sont les affaires ! », « C’est comme ça que ça fonctionne ! », « Tout le monde le fait pourquoi pas moi ! ».

Quel lien avec l’affaire Mark Machin direz-vous ?

Machin n’a pas commis d’acte de corruption, mais la force de l’éthique d’un individu lui permet d’éviter toutes les pentes glissantes qui mènent à de petits ou de grands dérapages.

L’éthique c’est le fondement, la base, la racine de nos valeurs personnelles.

Et c’est sur la racine que repose l’arbre et ses fruits !

Auteurs Pierre Brien et Serge Barbeau

 

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