Relance post-pandémie — Serez-vous prêt ?

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Quelques manchettes parues au cours des dernières semaines pointent vers la relance économique ardemment souhaitée depuis l’arrêt forcé de plusieurs secteurs névralgiques de l’économie mondiale. Grâce à la campagne de vaccination sans précédent qui se poursuit, on peut enfin voir poindre la lumière au bout du tunnel. Un optimisme prudent est de mise, ce qui n’empêche pas le Premier ministre Legault de répéter « Je vous prédis un boom économique d’ici la fin de 2021. »

Si on se fie aux plans de redressement déjà annoncés, notamment aux États-Unis, les gouvernements seront appelés à investir massivement dans un effort financier qui permettrait au moteur économique mondial de reprendre la voie de la croissance. Le Canada et le Québec n’y feront pas exception et cet apport d’argent ne manquera pas d’attiser les convoitises.

Au cours des derniers mois, certaines manchettes ont attiré notre attention. Entre autres, le 27 janvier dernier, Radio-Canada titrait sur le site Info :

« Le commissaire de l’UPAC s’intéresse aux contrats signés en marge de la pandémie ».

Un avertissement à peine voilé quant aux risques de corruption/collusion associés aux contrats de gré à gré accordé dans l’urgence pour faire face aux urgences en matière de fournitures médicales notamment.

Puis, La Presse publiait un article le 3 mars dont le titre :

« Contrats de gré à gré en santé — Québec resserre les règles »

Selon cet article, l’association d’entreprises du monde médical, MetTech Canada s’est inquiétée du fort volume de contrats de gré à gré accordés par le gouvernement québécois durant la pandémie. Une hausse de 65 % de ce type de contrat entre le 15 mars et le 30 juin 2020 comparativement à la même période l’année précédente. Selon l’association, ces contrats n’étaient pas tous liés à la COVID.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, ex-procureur en chef de la commission Charbonneau, déclarait d’ailleurs dans un communiqué :

« Sachant que la transparence, l’intégrité et l’amélioration de nos façons de faire sont au cœur des actions du gouvernement, le secrétariat du Conseil du trésor a aussi émis des lignes de conduite qui ont été transmises à tous les dirigeants et responsables des ministères et organismes qui ont à traiter des contrats sous le décret sanitaire »

Pour quiconque s’intéresse au phénomène de la corruption et de la collusion, il est clair que les autorités préparent le terrain pour l’effervescence qui marquera la mise en place des plans de redressement provinciaux et fédéraux.

En lançant un avertissement, l’UPAC met en garde les soumissionnaires et (surtout) les fonctionnaires qui pourraient se trouver au cœur de manipulation d’appels d’offres ou d’attribution de contrats. En restreignant les critères d’attribution de tels contrats, le Conseil du trésor avertit que la pandémie n’est pas un buffet à volonté et qu’il veille au grain.

Cette convergence de lignes de communication n’est pas accidentelle et les entreprises qui espèrent profiter des occasions d’affaires qui se présenteront auront avantage à se distinguer de la concurrence en initiant des mesures de management anti-corruption robustes et reconnues.

Que cette exigence fasse partie des conditions d’éligibilité ou non, il est prévisible que les signaux transmis par les gardiens de l’intégrité contractuelle seront suivis de conséquences pour les déviants.

En contrepartie, le contexte actuel est propice aux entreprises et les organisations qui veulent se démarquer de leurs concurrents. C’est le temps d’intégrer dans leurs processus de management des mesures pour prévenir, détecter et traiter les situations qui pourraient être perçues comme des actes de corruption.

La culture d’entreprise et de développement des affaires basée sur « la fin justifie les moyens » et « tout le monde le fait, pourquoi pas nous » n’a plus sa place aujourd’hui.

Les citoyens en ont « ras le bol » de payer, payer et payer encore pour des biens et des services qui sont vendus plus cher pour compenser pour les coûts de la corruption !

Comme citoyens nous devons exiger que les entreprises et les organismes qui font des affaires avec les gouvernements adoptent des mesures anti-corruption efficaces et reconnues.

 

Pierre BRIEN et Serge BARBEAU

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